Un article de Cérise Maréchaud dans le journal La Croix du 30 septembre 2009

9 octobre, 2009 par resfmaroc

Le désarroi des jeunes Marocains expulsés de France.

Ils ont vécu pendant des années en France, mais ils sont devenus des « sans-papiers » à leur majorité. Renvoyés au Maroc, tous se retrouvent dans une grande précarité. Casablanca, de notre correspondante

Le pain et le tajine sont sur la table, le thé est presque prêt. C'est le repas du soir de Hassan El Bouyahyaoui, jeune Marocain de 21 ans, expulsé de France le 10 mars dernier. Il vit dans une villa abandonnée aux murs décatis et au jardin en friche. Une militante associative lui a trouvé ce logement de fortune à Temara, au sud de Rabat, à deux pas de l'usine où elle lui a décroché un petit boulot. « Je suis à l'essai jusqu'à la fin du mois, je ne sais pas si je vais être payé », doute Hassan. Pour lui, tout n'est que solitude et incertitude. Il fait partie des jeunes qui, après des années en France, deviennent « sans-papiers » à leur majorité. Une fois « éloignés » du territoire hexagonal, nombreux se retrouvent en grande précarité.

Né à Oujda, dans le nord-est marocain, Hassan a été élevé par sa grand-mère. À la mort de celle-ci, il rejoint, à Montpellier, son père, maçon depuis 1974, aujourd'hui handicapé. À ses 18 ans, alors scolarisé en CAP mécanique, il se voit délivrer des autorisations provisoires de séjour. Mais lorsqu'il échoue à ses examens, il reçoit une « OQTF », c'est-à-dire une « obligation de quitter le territoire français ». Centre de rétention, embarcation de force à bord du bateau Sète-Tanger.

À son arrivée, quelques euros en poche, Hassan rejoint Oujda, où son grand-père, aveugle, démuni, ne peut l'accueillir. Le jeune homme se retrouve à la rue, dans cette ville, carrefour de nombreux trafics. « J'ai failli être agressé », se souvient-il. L'association Beni-Snassen, qui aide aussi les migrants, l'épaule comme elle peut, mais Hassan préfère partir pour Rabat « chercher du travail ». « Ici, je n'ai personne. »

Même quand un jeune retrouve sa famille, l'adaptation au Maroc est difficile. Alaeddine El Jaadi, 20 ans, a vécu cinq ans à Lyon, avec sa tante, avant d'être expulsé par avion en juin. « Je venais d'obtenir mon CAP de plâtrier-plaquiste, et on m'avait proposé un travail », témoigne-t-il dans l'appartement de Sidi Slimane, bourgade endormie au nord de Rabat, où il vit avec son père, militaire retraité, sa mère, et ses quatre frères et sœurs.

Mais pour Alaeddine, sa vie est « bloquée ». « Ici, je connais des jeunes, ils ont le bac et ne travaillent pas, alors moi ? Ici, je n'ai aucun niveau scolaire. Mais là-bas, en France, je peux encore aller loin. » Un désarroi que seuls consolent les appels téléphoniques de Georges Gumpel, 72 ans, de l'Union des juifs français pour la paix, qui a caché Alaeddine, chez lui à Lyon, pendant neuf mois, comme lui-même fut caché sous l'Occupation.

Au Maroc, le principal soutien des jeunes expulsés est la branche nationale du Réseau éducation sans frontières (RESF), constituée en 2006 par des enseignants du lycée français Descartes à Rabat. Le réseau a eu connaissance d'une quinzaine de cas. « Mais il y en a beaucoup plus », assure Lucille Daumas, une de ses membres. « Un gâchis humain », déplore-t-elle.

Souvent, les jeunes sont expulsés en pleine scolarité. Comme Jihad Errais, 21 ans, qui était admis en BEP hôtellerie-restauration à Sucy-en-Brie (Val-de-Marne). « C'est un secteur où il y a un gros besoin de main-d'œuvre », s'étonne encore, dans un café de Casablanca, cet élève assidu, délégué de classe, qui a appris le français en six mois - il ne parlait que berbère. Ses parents sont vendeurs de légumes dans un village près de Ouarzazate ; Jihad était parti à Orly, chez son oncle et tuteur légal, pour « aider la famille ».

Aujourd'hui, il est hébergé par une connaissance. « J'ai travaillé un an dans un centre d'appels, mais je dors mal, alors je ne suivais pas le rythme. Lundi, je suis trois jours à l'essai dans un institut de sondage, pour 4 000 dirhams (360 €) par mois. » Jihad n'en veut pas moins rentrer en France. « J'avais fait la demande de régularisation un an avant mes 18 ans, et c'est resté sans réponse. J'ai pris peur et me suis enfui en Espagne. C'est là qu'ils m'ont arrêté et menotté, comme si j'avais braqué une banque », raconte-t-il.

À RESF-Maroc, on se sent démuni face à la « machine administrative » et la « politique du chiffre » de la France. Des divergences, proches du cas de conscience, pointent sur le rôle du réseau : « Doit-on tout faire pour les aider à rentrer, quitte à leur donner de faux espoirs, ou se concentrer sur leur réinsertion ici ? », s'interrogent ses membres. « On n'est pas là pour leur faire avaler la pilule amère », rechigne Lucille.

À ce jour, seule la jeune lycéenne Fatima Charbi, expulsée en novembre 2006, a pu retourner à Montluçon (Allier) après dix mois à Casablanca. Grâce à la forte mobilisation autour de son cas. À l'époque, le consul général de France, Gilles Bienvenu, avait énoncé sa position : « Nous refusons d'accorder un visa si le demandeur se retrouve ensuite en situation de précarité. » Finalement, Fatima était rentrée avec un « contrat jeune majeur » (aide financière en échange de son assiduité). Mais d'après Éric Lafont, de la CGT Montluçon, et fervent soutien de Fatima, la jeune fille aurait quitté le lycée. « Nous n'avons plus de nouvelles, dit-il. Mais si ça se reproduit avec un autre, on se battra quand même. »

Au Maroc, les jeunes expulsés oscillent entre optimisme et désespoir. Alaeddine s'accroche à l'idée de faire valoir la justice : « Pendant mon expulsion, j'ai été frappé, traîné par terre », raconte-t-il. « Si ça ne marche pas légalement, je vais repartir avec les pateras » (lire “Le mot” ci-dessous), lance Hassan. Jihad, lui est « en contact avec un passeur. Il m'a dit “c'est 7 000 €” ».

Cerise MARECHAUD

Communiqué de presse RESF-Maroc, Rabat, le 24 septembre 2009.

9 octobre, 2009 par resfmaroc

Rabat, 24 septembre 2009

Le Réseau Education Sans Frontière au Maroc (RESF-Maroc) continue à s’alarmer et à s’indigner des conditions subies par les jeunes expulsés de plus en plus fréquemment de France, au titre d’une politique du chiffre aveugle aux situations humaines.

Ils sont entrés en France de manière totalement légale pour rejoindre leur famille. Ils y ont vécu leur adolescence en s’intégrant culturellement et socialement, par la scolarisation notamment. Beaucoup d’entre eux suivent des formations adaptées aux besoins de l’économie française (bâtiment, hôtellerie, aide à domicile…).

A leur 18 ans, l’arsenal législatif et réglementaire sur la situation des étrangers en France les rend illégaux et bien souvent expulsables car leurs demandes de régularisation sont rejetées. Arrêtés lors de contrôles d’identité, sans avoir commis d’autre délit que celui d’être là, ils sont emprisonnés dans des centres de rétention et expulsés en subissant parfois des brutalités (comme Alaedine à Lyon en juin 2009).

Contrairement à une idée reçue, ces jeunes ne sont pas “renvoyés chez eux“ mais véritablement expulsés vers un pays qui n’est plus le leur.
Leurs parents, leurs frères et sœurs sont souvent installés en France, et ils n’ont plus de famille proche au Maroc pour les accueillir. Sans aucune ressource, obligés de quitter le territoire français (selon le terme administratif OQTF) sans rien de plus que leurs vêtements, certains vivent même dans la rue à leur arrivée au Maroc, comme Hassan à Oujda au printemps 2009.
Leur scolarisation ou leur formation professionnelle, interrompue en France, est impossible à poursuivre au Maroc. Le système d’enseignement public en langue arabe leur est devenu étranger, et les écoles privées francophones leur sont inaccessibles.
Plus généralement, ils ne se reconnaissent plus dans un pays et une culture dont ils se sont détachés au fil de leur intégration dans le creuset français.

Nous assistons à un terrible gâchis humain, car cette politique brise des vies à un âge charnière pour la construction d’une existence. Les perspectives pour ces jeunes sont très sombres au Maroc, et il n’est pas impensable qu’ils ne revoient jamais leur parents lorsque ceux-ci sont âgés. Cette politique est non seulement profondément injuste, mais aussi inefficace économiquement en empêchant la mobilité des migrants.

Les gouvernements français et marocain sont responsables de ce gâchis, en ne portant aucun intérêt à la situation de ces jeunes. Rien n’est entrepris pour tenter au minimum d’améliorer les conditions d’arrivée des expulsés, en étudiant avant leur départ les possibilités de scolarisation, d’insertion. Nous demandons donc que soit mis fin à ces pratiques scandaleuses et coûteuses, et que soient mieux accueillis ceux qui sont malgré tout expulsés.

Rapport sur Hassan EL BOUYAHYAOUI, un marocain expulsé de la France

7 septembre, 2009 par resfmaroc

Ce rapport a été rédigé par Hicham Baraka, président de l'Association Beni Znassen pour la culture, le développement et la solidarité (ABCDS) d'Oujda.

SA VIE EN FRANCE

Né en octobre 1987, marocain, Hassan EL BOUYAHYAOUI est arrivé en France en juin 2003, sur le passeport de son père après le décès de sa grand mère qui en avait la charge au Maroc depuis la séparation de ses parents, quand Hassan avait une dizaine d’années. Depuis, il n’a jamais revu sa mère, ni ses 2 frère et sœur restés à la charge maternelle. Il n’a plus d’attaches au Maroc.

Il a été scolarisé de 2003 à juillet 2007, les deux dernières années au centre de formation d’apprentissage professionnel Henri Martin de Lézignan Corbières. Son père, en France depuis 1974 est maintenant invalide à 80%. Son frère aîné, qui a eu exactement le même parcours que Hassan, est en situation régulière.

A 18 ans, Hassan a fait une demande de titre de séjour et obtenu 4 APS de 6 mois du fait de son inscription en CAP mécanique en alternance, en fonction d’un accord qui existait alors avec le rectorat mais dénoncé depuis par la préfecture. Suite à son échec aux épreuves théoriques du CAP en juillet 2007, sa demande de renouvellement de titre de séjour a été rejetée avec une OQTF le 29/11/07, rejet confirmé par le TA le 27/03/08. Pourtant, ses employeurs étaient très élogieux sur son sérieux et son efficacité.

Entre temps, il avait retrouvé grâce à l’association Passerelles une nouvelle formation en mécanique par alternance, ce qui a motivé sa nouvelle demande de titre de séjour.

Hassan était très bien intégré en France. Du fait de la maladie de son père, il a été placé presque 2 ans à la DDASS, dans un foyer, puis dans une famille d’accueil, élevé comme un petit Français. De nombreuses personnes, amis, voisins qui appréciaient sa gentillesse, sa volonté de s’en sortir et son respect des valeurs affichées par la France, soutenaient sa demande de titre de séjour. Son seul rêve était de pouvoir travailler et vivre enfin avec son père et son frère. Ils venaient juste de trouver un petit appartement pour vivre ensemble, après des années de galère, le frère aîné en foyer, le père et Hassan hébergés chez des amis. D’entrevoir enfin la stabilité dont ils rêvaient

SON EXPULSION

Contrôlé le 18 février et placé au centre de rétention de Sète, il en a été libéré le 20 par décision du juge du TA qui n’a pas cependant annulé son APRF.

Il avait déposé un nouveau dossier de demande de réexamen de sa situation le 9 mars, mais, contrôlé à nouveau le 10 mars, il a été expulsé par bateau de Sète vers Tanger, le soir même. Quelques personnes du RESF 34 qui l’avaient soutenu et aidé pour son dossier étaient présentes. Une amie de l’une d’elles a pu être présente à son arrivée à Tanger. Personne d’autre n’était là pour l’accueillir au Maroc, un pays qu’il n’a pas revu depuis 6 ans !

SA VIE AU MAROC

Hassan est retourné à Oujda, où il vit dans une petite chambre près de son grand-père, très âgé, sourd et aveugle, qui n’a pas pu l’accueillir. Parti à la recherche d’une autre grand-mère, il a appris qu’elle était décédée. Un cousin l’a hébergé quelques jours à Taza, puis l’a mis dehors. Depuis, Hassan est hébergé à droite à gauche. Il n’a plus d’argent et ne trouve aucun boulot. Très perturbé par l’expulsion, il s’est fait renverser par une voiture quelques jours après son arrivée et s’est fracturé la cheville. L’hôpital lui a délivré un certificat médical avec 45 jours d’arrêt de travail. Le RESF France a mis Hassan en contact avec des personnes du RESF Maroc, qui essaient de répondre à ses appels au secours : il cherche une place en foyer, du travail. Sans résultat à ce jour. Hassan se débat pour essayer de survivre dans ce pays qu’il ne connaît plus. Il est d’autant plus désespéré que les nouvelles de sa famille à Montpellier ne sont pas bonnes. Son père, malade, supporte mal la séparation avec son fils qui s’occupait de lui avec beaucoup d’amour et de respect. Sa santé se dégrade.

L’importante revendication du collectif de soutien à Hassan, et qu’il jouit d’un visa long séjour et un titre de séjour Vie privée familiale pour qu’il puisse enfin reprendre le cours d’une vie normale, dans le pays où il a grandi depuis plus de 6 ans, aux côtés de ceux qui l’aiment et qui attendent son retour. (Cf. pétition Resf)

AVEC L’ABCDS

Heureusement pour lui, Hassan EL BOUYAHYAOUI a découvert, peu après son expulsion par la France à Oujda, l’association ABCDS (Association Beni Znassen pour la culture, le développement et la solidarité) dans les locaux de laquelle il passe désormais ses journées et où il bénéficie d’un soutien grâce auquel la chaîne de télévision marocaine 2M TV, RTM, le quotidien arabophone Akhbar AL Yawm, YaBiladi ont, par exemple, pu s’intéresser, suite à la mobilisation de l’ABCDS, à son expulsion de France, ainsi que d’autres médias. Le 22 avril, il a ainsi fait l’ouverture du journal télévisé de 12h45.

Notamment, l’administration marocaine s’était téléphoniquement enquise des difficultés de Hassan avant de se contenter de lui conseiller de… prendre contact avec le consulat de France au Maroc. S’est-il agi surtout pour elle d’éteindre l’incendie potentiel que comporte toute expulsion de Marocain depuis l’Europe dans un pays qui compte des dizaines de milliers de familles concernées par l’immigration ?

L’histoire de Hassan est pourtant bien représentative de la violence de la France à l’encontre de migrants qui, compte tenu de leur parcours dans l’Hexagone et des droits fondamentaux théoriquement en vigueur, devraient de toute évidence n’éprouver aucune difficulté à bénéficier d’un titre de séjour.

Hassan est né en octobre 1987 à Oujda, grande ville marocaine de 500 000 habitants située à quelques kilomètres de la frontière algérienne. Y transitent, depuis plusieurs années, des milliers de Subsahariens qui cherchent à migrer en Europe en traversant la Méditerranée dans des conditions de plus en plus périlleuses. Des centaines de noyés n’arrivent jamais sur les côtes espagnoles. D’autres, plus nombreux,  parce qu’ils ont été interceptés par les polices marocaines ou espagnoles qui travaillent la main dans la main. L’Union européenne paie grassement le Maroc pour lutter à sa place contre l’immigration des Africains et, dans la foulée, des Marocains aussi.

C’est dans ce climat de guerre anti-migratoire que se situe l’expulsion de Hassan. Il a aujourd’hui 22 ans. Arrivé en France en juin 2003 à l’âge de 15 ans après le décès de sa grand mère qui l’avait en charge au Maroc depuis la séparation de ses parents, il n’a depuis lors aucune nouvelle ni de sa mère, ni des deux frère et sœur restés sous la responsabilité maternelle. Aucune attache donc au Maroc, si ce n’est un grand-père octogénaire, malade et très pauvre. En France, son père, immigré depuis  1974, est progressivement devenu invalide à 80% ; et son frère aîné est aussi en situation régulière.

Hassan erre aujourd’hui dans les rues pleines de jeunes chômeurs de sa ville natale d’Oujda, où ses compatriotes le considèrent comme un étranger. S’il n’avait eu la chance de croiser les militants locaux de l’ABCDS, il se serait sans doute déjà ajouté à la cohorte des clochards, nombreux à hanter les rues. A moins qu’il ne se soit résolu à des trafics douteux, nombreux dans cette ville-frontière, de façon à gagner l’argent nécessaire à une traversée clandestine de la Méditerranée peut-être pour y être englouti comme nombre de ses compatriotes et d’Africains de diverses autres nationalités. Il va de soi que la France ne saurait, dans ce cas, être tenue pour responsable ni de son éventuelle dérive du côté de la mafia ni de sa mort. Jusqu’à quand Hassan, comme beaucoup d’autres expulsés, échappera-t-il à l’un ou à l’autre sort s’il ne bénéficie pas d’un droit au retour ?

Hicham BARAKA, président

ABCDS Maroc

Un article sur Alaeddine, expulsé sans ménagement

7 septembre, 2009 par resfmaroc

Article_TelQuel

Cet article de Zoé Deback a été publié dans l'hebdomadaire marocain Tel Quel (11 au 17 juillet 2009).

Communiqué de RESF-Maroc, 21 mai 2009

21 mai, 2009 par resfmaroc

Peut-on séparer brutalement un jeune de son père et de son frère ?

Hier Fatima, Latifa, Jihad, Samira, aujourd’hui Khaled, Hassan…

Hassan, 22 ans a été expulsé le 10 mars 2009. De parents séparés, le père travailleur en France depuis 1974, Hassan vivait avec sa grand-mère dans un village de l’Est du Maroc. Au décès de celle-ci, il rejoint son père et son frère en France.

Alors âgé de 16 ans, au prix de gros efforts, et grâce à la volonté de son père, titulaire d’une carte de séjour en règle, il s’intègre à la société française, dans le creuset français. Il apprend le français, poursuit sa scolarité de 2003 à 2007 (Collège, Centre de Formation d’Apprentissage Professionnel). A 18 ans, il demande un titre de séjour et il obtient 4 APS (Autorisation Provisoire de Séjour) de 6 mois du fait de son inscription en CAP mécanique en alternance. Suite à son échec aux épreuves théoriques du CAP en juillet 2007, sa demande de renouvellement de titre de séjour est rejetée avec une OQTF (Obligation à Quitter le Territoire Français) fin 2007.

Pourtant ses employeurs étaient très élogieux sur son sérieux et son efficacité. Contrôlé le 18 février 2009, et placé en centre de rétention de Sète, libéré le 20, il est à nouveau contrôlé le 10 mars et expulsé par bateau le soir même ! A son arrivée à Tanger, il est accueilli par un membre de RESF Maroc et il se rend à Oujda. Son grand père, aveugle, démuni et désorienté face à ce jeune « français » ne peut s’occuper de lui, un cousin éloigné l’héberge quelques semaines puis il est à la rue et aujourd’hui des militants d’Oujda lui procurent un toit.

Nous sommes indignés face à ces expulsions brutales, qui sous couvert de faire du chiffre, gâchent des vies de jeunes gens qui avaient trouvé leur place dans la société française et qui vivaient avec leur famille. Cette reconduite à la frontière rapide les place dans une société marocaine dont ils ne connaissent plus les codes.

Quel est l’avenir de ces jeunes à peine majeur et quelle est la logique humaine de cette politique ?

Nous demandons que Hassan puisse repartir à Montpellier où il avait la possibilité de suivre une formation en méca-auto au moment de son expulsion et où sa famille l’attend

Rabat, 20 avril 2009

Un article publié dans Courrier International, à propos des expulsés et de RESF Maroc

5 juin, 2008 par resfmaroc

Article de Trinidad Deiros (Publico, Madrid) publié dans Courrier International n°911 du 17 au 23 avril 2008

Lorsqu’on la voit assise dans ce café sombre du boulevard de Paris, à Tanger, on a du mal à l’imaginer luttant contre trois policiers français. C’est pourtant ce qu’elle a fait quand les trois costauds l’ont mise de force dans un bateau à Sète et l’ont attachée à la couchette d’une cabine où elle est restée enfermée pendant plus de dix heures. Samira Bobouch, 23 ans, est un petit brin de fille de 1,50 m. Avec son tee-shirt bleu, seule au milieu de la clientèle habituelle de fumeurs moustachus, elle a l’air fragile. Ses immenses yeux myopes – les policiers ne lui ont pas permis de prendre ses lunettes – s’emplissent de larmes lorsqu’elle raconte son histoire. Samira menait une existence de jeune fille tout à fait normale lorsque sa vie a été bouleversée par une promesse électorale, celle faite par l’actuel président français quand il était encore candidat et cherchait à séduire les électeurs d’extrême droite. Ou plutôt par la chasse aux immigrés dont il a chargé l’homme qui se considère comme son cerbère, son ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, Brice Hortefeux. Sa mission était claire : il devait expulser 25 000 sans-¬papiers avant la fin 2007. Samira fait partie du lot de Marocains qui, pour reprendre l’euphémisme utilisé par le gouvernement français, ont été éloignés*. Bénévole dans un centre pour autistes à Marseille, où elle vivait avec sa famille, Samira était entrée en France légalement à l’âge de 15 ans. Son père a beau avoir travaillé trente-cinq ans en tant qu’ouvrier agricole dans son pays d’accueil, il n’a pas pu obtenir de permis de séjour. “A Marseille, la police faisait la chasse aux Arabes et aux Noirs”, raconte-t-elle. Le 19 no¬vembre dernier, la police l’arrête à ¬l’occasion d’un contrôle routier. Elle ne retournera pas chez elle. Elle passe directement du commissariat au centre de rétention du Canet. “On m’a dit que des gens avaient été drogués pour les empêcher de résister à l’expulsion, et que je ne devais manger que le pain qu’on nous donnait”, poursuit-elle. Le 4 décembre, la police emmène Samira à l’aéroport de Marignane, dans l’intention de la faire monter dans un avion à destination de Casablanca. Mais elle se débat, griffe et mord. Sa famille, ses anciens professeurs et les militants du Réseau éducation sans frontières (RESF), une association qui dénonce les expulsions, contribuent à faire échouer cette première tentative “d’éloignement” en manifestant dans le terminal. Elle n’était qu’à deux jours de sa comparution devant un juge qui aurait peut-être demandé sa libération. En effet, le maire de sa ville avait déposé à la préfecture une promesse d’embauche à son nom.
Mais Samira n’a pas pu se présenter au tribunal. La veille, trois policiers en civil sont venus au centre et lui ont ordonné de les suivre. “Ils m’ont fouillée avant de sortir et m’ont confisqué mon téléphone portable pour m’empêcher de prévenir RESF, mais j’avais deux autres téléphones que l’organisation m’avait donnés et j’ai pu donner l’alerte depuis les toilettes”, explique-t-elle.
Trop tard. Les policiers l’ont fait sortir en cachette par la porte de derrière, l’ont mise dans une voiture et l’ont emmenée au port de Sète. Sur le quai, Samira résiste à nouveau, crie au secours et demande de l’aide aux passagers du bateau : “Personne n’a bougé. Personne n’était prêt à lever le petit doigt pour me secourir.”
Atteindre la majorité, c’est entrer dans la clandestinité
L’un des policiers finit par perdre patience et la pousse dans le bateau en lui criant : “Allez ! On ne veut pas de toi ici, rentre chez toi !” Ensuite, il y a eu ces “dix heures attachée” pendant que son téléphone, qu’on lui avait rendu, sonnait sans arrêt. Avec les vêtements qu’elle avait sur le dos et quel¬ques euros en poche, Samira est arrivée dans un pays qu’elle ne connaissait plus : le Maroc.
Elle pensait se retrouver seule, mais là-bas l’attendait son ange gardien, Boubker Jamlichi. Il sait ce que c’est de subir une injustice pour en avoir fait l’expérience : il a passé six ans dans les geôles d’Hassan II. Avec Lucile Daumas, une Française installée au Maroc, et d’autres militants, il a monté une antenne marocaine du RESF. Ses membres, une douzaine à peine, essaient de venir en aide aux jeunes qui ont été expulsés par la France et qui débarquent dans un pays où, bien souvent, ils n’ont plus de famille ni nulle part où aller. Parfois, ils ont encore des parents au Maroc, mais la vie ou le long séjour en France ont rompu tous les liens. C’est ce qui s’est passé pour Samira : sa mère l’a hébergée quelques jours, puis lui a dit qu’elle devait partir.
Le Réseau éducation sans frontières fait ce qu’il peut. Ses membres n’hésitent pas à accueillir les jeunes chez eux, mais ce n’est pas toujours possible. Trop souvent, se lamente ¬Jamlichi, ils ne vont pas recevoir les expulsés au port parce qu’ils ne supportent pas de “les laisser dans la rue”. Une fois de retour dans leur pays, les expulsés ne se retrouvent qu’au début de leurs problèmes. La police marocaine les conduit au commissariat dès leur arrivée et les accuse d’émigration irrégulière. Pourtant la majorité d’entre eux ont quitté le Maroc légalement lorsqu’ils étaient mineurs, et non pas dans un canot ou cachés dans un camion. Pour ces jeunes, atteindre la majorité équivaut à entrer dans la clandestinité qui attend ceux qui n’ont pas de papiers. Jamlichi, Lucile et les autres militants du RESF assistent les nouveaux arrivés et obtiennent presque toujours qu’ils soient immédiatement relâchés. Lorsqu’ils ne sont pas là, les jeunes peuvent être mis à la disposition de la justice. Au Maroc, la première tentative d’immigration clandestine est punie par un mois de prison avec ¬sursis. “Le malheur de ces adolescents, ex¬plique Jamlichi, c’est que tout le monde les laisse tomber : leur pays d’adoption et leur pays d’origine. Face à cette situation impossible, c’est l’Etat marocain qui de¬vrait les prendre en charge. Mais au lieu de cela, il reçoit Sarkozy comme un ami, alors qu’il est responsable d’une politique de persécution des immigrés absolument criminelle.”
C’est justement à Tanger, la ville où arrivent beaucoup d’expulsés, que le président français a présenté son ¬projet d’Union méditerranéenne, le 23 octobre 2007. Dans son discours, il a loué “l’indéfectible amitié franco-marocaine” et évoqué “la solidarité” qui doit présider aux relations entre la France et ses partenaires du Sud. Samira ne sait rien de toutes ces belles intentions. Elle reconnaît simplement qu’elle a eu de la chance dans son malheur. Depuis qu’elle est arrivée au Maroc, elle n’a jamais dormi à la belle étoile. Jamlichi l’a prise sous son aile et l’a accueillie chez lui. Puis il a obtenu d’un bienfaiteur, propriétaire d’un hôtel, qu’il la laisse occuper une chambre gratuitement pendant un mois.
Aujourd’hui, elle vit avec d’autres jeunes femmes qui lui ont offert de dormir sur le canapé de leur appartement, situé dans un quartier populaire. Mais, dit-elle, “c’est dur de vivre de la charité des autres”. Elle ne trouve pas de travail et n’arrive pas à s’adapter à une mentalité différente de ses coutumes françaises. Le fait de s’être si bien intégrée dans le pays qui l’a expulsée l’empêche maintenant de s’acclimater à son lieu d’origine. Samira n’était pas habituée à ne plus pouvoir sortir de chez elle dès la tombée de la nuit sous peine d’être prise pour une prostituée. “Je veux rentrer chez moi”, sanglote-t-elle. Elle n’est pas la seule. Jihad Errais, 19 ans, désespère de retrouver sa vie d’avant. En France, il était un élève exemplaire et venait de décrocher une place dans la meilleure école hôtelière de Paris. Sans papiers – on lui a également refusé un permis de séjour – et effrayé par la vague d’expulsions, il a essayé de se rendre en Espagne et s’est jeté dans la gueule du loup. Les policiers espagnols l’ont arrêté à Perpignan et l’ont remis à leurs collègues français. Ceux-ci l’ont menotté comme un criminel et l’ont conduit au centre de rétention de Rivesaltes, situé sur l’ancien emplacement d’un camp où des Juifs, des Gitans et des républicains espagnols sont morts ou ont attendu d’être déportés dans des camps d’extermination comme celui d’Auschwitz. Une plaque commémorative est là pour rappeler leur passage.
“J’étudiais, j’étais intégré et ils m’ont expulsé”
Jihad n’a pas opposé de résistance : les policiers l’ont menacé de le jeter en prison s’il le faisait. Lui aussi a passé tout le voyage jusqu’au Maroc enfermé dans une cabine de bateau. Aujourd’hui, il est à Tineghir, dans le Sud, où son père vend des légumes dans le souk. Il était l’espoir de sa famille, qui l’avait envoyé vivre avec son oncle en France pour qu’il puisse faire des études. L’école hôtelière de Sucy-en-Brie lui a gardé sa place, car il n’existe pas de formation similaire au Maroc. Mais Jihad n’a pas eu d’autre choix que d’abandonner ses études. “Je n’ai jamais fait de mal à personne”, explique-t-il en français avec un indéniable accent parisien. “Pourquoi ? C’est comme si on laissait quelqu’un au milieu du désert en lui disant : ‘Débrouille-toi.’ Je ne comprends pas pourquoi ils m’ont fait ça. Je me suis toujours efforcé de m’intégrer, et lorsque j’y suis arrivé, ils m’ont expulsé.” Lorsqu’il n’est pas dans son village, Jihad vit dans une chambre, à Rabat, – “un trou à rats”, selon Lucile Daumas – sans fenêtre, ni eau courante, ni salle de bains.
“L’hypocrisie de cette politique atteint son comble lorsque Sarkozy dit qu’il encouragera l’immigration légale en embauchant, dans leur pays, des Marocains qui travaillent dans l’hôtellerie. Et, pendant ce temps, Jihad, qui allait faire des études d’hôtellerie, se fait expulser”, fulmine-t-elle.
Cette militante ne sait plus quoi faire pour aider ces jeunes. Dans chaque bateau qui jette l’ancre à ¬Tanger, dans chaque avion qui atterrit à Casablanca, “il y en a quatre ou cinq”. RESF n’a pas les moyens de s’occuper de tout le monde. Pour Lucile, c’est une “extrême violence” qui est infligée à ces jeunes, et elle ne prend pas de gants pour incriminer les consulats marocains en France : selon elle, ils sont “complices” puisqu’ils “délivrent des sauf-conduits sans lesquels ces jeunes, qui n’ont pas de passeport, ne pourraient pas être expulsés”.
Il existe des histoires encore plus terribles que celles de Samira et de Jihad. D’après RESF, un adolescent a tenté de suicider trois fois avant d’être expulsé. Tous ces cas sont dénoncés par l’association. Il y a quelques semaines, Lucile a reçu un appel d’un jeune qui venait d’arriver au Maroc. Personne n’était venu l’accueillir. Il n’avait pas d’argent, et il n’a pas eu le temps de lui dire où il se trouvait. Il a appelé une deuxième fois, mais la communication a été de nouveau coupée, juste après qu’il l’eut suppliée : “Je n’ai nulle part où aller.” Lucile a rappelé le numéro qui apparaissait sur son écran de téléphone. C’était celui d’un homme qui avait prêté son portable au garçon. Depuis, elle n’a plus de nouvelles. La piste de cet adolescent, comme celle de tant d’autres, s’est perdue dans les ruelles de l’une des innombrables médinas du Maroc.

Un article sur les expulsés dans le Journal Hebdomadaire (Casablanca)

4 juin, 2008 par resfmaroc

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Cet article de Amélie Amilhau a été publié dans le Journal Hebdomadaire du 5 au 11 avril 2008

Jihad Errais, expulsé au milieu de ses études

23 mars, 2008 par resfmaroc

Jihad Errais est né le 25 juin 1988 au Maroc. Il a poursuivi des études à Tineghir (les deux premières années de collège).
En août  2003, il rejoint son tuteur en France qui l’inscrit au collège de Thiais où il effectue la 6ème pour non-francophones, la 5ème et la 4ème.
En septembre 2006, il intègre le lycée professionnel Armand Guillemin à Orly en 3ème découverte professionnelle. Il est délégué de sa classe et très apprécié de ses professeurs.
Son parcours scolaire sans faute est interrompu en mai 2007.

En effet, en 2006 il atteint ses 18 ans, fait ses démarches auprès de la préfecture pour l’obtention de sa carte de séjour. Plus d’un an après, il n’a toujours pas de réponse. Le voilà devenu sans-papiers. En pleine campagne électorale, alors que se multiplient les contrôles d’identité dans les rues de la région parisienne, Jihad panique et part pour l’Espagne.
Arrêté par la police espagnole le samedi 5 mai 2007, il est conduit au commissariat de Perpignan, interné au centre de rétention de Rivesaltes, présenté au juge le lundi qui lui signifie la décision de reconduite à la frontière. Le jeudi sa demande de recours est rejetée et il est conduit au centre de rétention de Montpellier. Il y reste jusqu’au jeudi suivant, jour de son expulsion vers le Maroc sur le bateau Sète-Tanger.
Arrivé à Tanger le samedi 19 mai 2007, il est accueilli par des membres de sa famille et du Réseau éducation sans frontière (RESF) Maroc.
L’avocat, engagé par les professeurs de Jihad depuis la demande de recours, suit la demande d’appel de la décision d’expulsion à Montpellier.

Entre temps, le conseil de classe de fin d’année l’oriente vers un BEP hôtellerie-restauration et il est inscrit au lycée professionnel de Sucy en Brie (Val de Marne) pour préparer un BEP hôtellerie-restauration à partir de la rentrée 2007.

Il est urgent que Jihad puisse obtenir un visa d’études afin d’occuper la place qui l’attend au lycée de Sucy en Brie.

Le cas de Samira Bobouch, expulsée parmi beaucoup d’autres

21 mars, 2008 par resfmaroc

- Samira est née en 1984 au Maroc. Elle a passé son enfance dans la région de Taza auprès de sa mère alors que son père travaillait en France depuis 1973 en tant qu’ouvrier agricole. Ce dernier, souffrant de graves problèmes cardiaques, a dû arrêter de travailler et a continué de vivre à Velaux (Bouches-du-Rhône) pour suivre ses traitements médicaux, il touche une pension d’invalidité.
- En 2000, les parents se séparent et Samira ainsi que ses frères et sœur partent en France rejoindre leur père. Samira suit une année de mise à niveau en 3ème CIPPA au collège F. Léger de Berre, puis, de 2001 à 2003, une formation de BEP Bio-service au lycée professionnel de Saint-Chamas, toujours dans les Bouches du Rhône. Elle obtient ce BEP, puis entame une nouvelle formation en BEP métiers de la mode en 2004.
- Or, elle a atteint entre temps l’âge fatidique de 18 ans : elle doit donc demander une carte de séjour, un récipissé lui est délivré tous les 3 mois durant l’année 2003. Mais en 2004, on lui signifie l’obligation de quitter le territoire français. Samira devient donc une « sans papiers » alors qu’elle était encore scolarisée en BEP. Samira n’achève pas ce second BEP mais se met au service d’une association pour handicapés, l’ Association Prévention Autisme Recherche, au titre d’assistante de vie scolaire. Elle s’occupe d’enfants autistes et cherche à valider son stage pour avoir une qualification. Son travail est très apprécié au sein de cette association.
- Mais, le 19 novembre 2007, elle est arrêtée au cours d’un banal contrôle routier et est emmenée au centre de rétention de Marseille. Le 4 décembre 2007, elle est conduite à l’aéroport de Marignane. Un comité de soutien ainsi que la forte opposition manifestée par les passagers, permettent de repousser cette expulsion. Le lendemain même, le 5 décembre 2007, elle est cette fois conduite à Sète et obligée d’embarquer pour Tanger où elle arrive le 7 décembre.

Cela fait donc trois mois que Samira vit à Tanger dans les conditions les plus précaires. Les liens sont coupés avec sa mère, seule une de ses sœurs vit encore au Maroc mais n’a pas les moyens de l’aider alors que tout le reste de sa famille vit en France. Samira n’a aucune perspective de travail au Maroc alors que le maire de Velaux, la commune où elle habitait, soutenait son dossier de demande de séjour en France. Un médecin, l’association pour handicapés et d’autres encore étaient prêts à la recruter si elle avait eu son titre de séjour. Le Réseau Education Sans Frontière Marseille s’est également mobilisé pour elle et une série d’articles a été publiée dans la presse (cf. coupures de presse jointes) pour dénoncer une mesure qui ne tient aucun compte des services que Samira rendait en France. Les parents de l’adolescente autiste dont elle s’occupait se retrouvent en particulier désemparés car leur fille a développé des troubles aigus après le départ forcé de Samira.
Voilà comment la jeune Samira, parfaitement intégrée et utile en France, se retrouve au Maroc, sans plus d’attaches, sans travail et sans perspective d’avenir. A l’heure où le gouvernement français veut développer les services à la personne et où la pénurie de personnel s’occupant des handicapés est particulièrement criante, on ne peut qu’être atterré par le gâchis humain que représente une telle mesure administrative. S’il est prévu de faire venir de l’étranger des personnes pour occuper ce type d’emploi, pourquoi refouler celles qui, justement, s’acquittaient pleinement de cette tâche ?

Le ferry Sète-Tanger, un trajet habituel pour les expulsés.

7 mars, 2008 par resfmaroc

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