Le cas de Samira Bobouch, expulsée parmi beaucoup d’autres

- Samira est née en 1984 au Maroc. Elle a passé son enfance dans la région de Taza auprès de sa mère alors que son père travaillait en France depuis 1973 en tant qu’ouvrier agricole. Ce dernier, souffrant de graves problèmes cardiaques, a dû arrêter de travailler et a continué de vivre à Velaux (Bouches-du-Rhône) pour suivre ses traitements médicaux, il touche une pension d’invalidité.
- En 2000, les parents se séparent et Samira ainsi que ses frères et sœur partent en France rejoindre leur père. Samira suit une année de mise à niveau en 3ème CIPPA au collège F. Léger de Berre, puis, de 2001 à 2003, une formation de BEP Bio-service au lycée professionnel de Saint-Chamas, toujours dans les Bouches du Rhône. Elle obtient ce BEP, puis entame une nouvelle formation en BEP métiers de la mode en 2004.
- Or, elle a atteint entre temps l’âge fatidique de 18 ans : elle doit donc demander une carte de séjour, un récipissé lui est délivré tous les 3 mois durant l’année 2003. Mais en 2004, on lui signifie l’obligation de quitter le territoire français. Samira devient donc une « sans papiers » alors qu’elle était encore scolarisée en BEP. Samira n’achève pas ce second BEP mais se met au service d’une association pour handicapés, l’ Association Prévention Autisme Recherche, au titre d’assistante de vie scolaire. Elle s’occupe d’enfants autistes et cherche à valider son stage pour avoir une qualification. Son travail est très apprécié au sein de cette association.
- Mais, le 19 novembre 2007, elle est arrêtée au cours d’un banal contrôle routier et est emmenée au centre de rétention de Marseille. Le 4 décembre 2007, elle est conduite à l’aéroport de Marignane. Un comité de soutien ainsi que la forte opposition manifestée par les passagers, permettent de repousser cette expulsion. Le lendemain même, le 5 décembre 2007, elle est cette fois conduite à Sète et obligée d’embarquer pour Tanger où elle arrive le 7 décembre.

Cela fait donc trois mois que Samira vit à Tanger dans les conditions les plus précaires. Les liens sont coupés avec sa mère, seule une de ses sœurs vit encore au Maroc mais n’a pas les moyens de l’aider alors que tout le reste de sa famille vit en France. Samira n’a aucune perspective de travail au Maroc alors que le maire de Velaux, la commune où elle habitait, soutenait son dossier de demande de séjour en France. Un médecin, l’association pour handicapés et d’autres encore étaient prêts à la recruter si elle avait eu son titre de séjour. Le Réseau Education Sans Frontière Marseille s’est également mobilisé pour elle et une série d’articles a été publiée dans la presse (cf. coupures de presse jointes) pour dénoncer une mesure qui ne tient aucun compte des services que Samira rendait en France. Les parents de l’adolescente autiste dont elle s’occupait se retrouvent en particulier désemparés car leur fille a développé des troubles aigus après le départ forcé de Samira.
Voilà comment la jeune Samira, parfaitement intégrée et utile en France, se retrouve au Maroc, sans plus d’attaches, sans travail et sans perspective d’avenir. A l’heure où le gouvernement français veut développer les services à la personne et où la pénurie de personnel s’occupant des handicapés est particulièrement criante, on ne peut qu’être atterré par le gâchis humain que représente une telle mesure administrative. S’il est prévu de faire venir de l’étranger des personnes pour occuper ce type d’emploi, pourquoi refouler celles qui, justement, s’acquittaient pleinement de cette tâche ?

2 Réponses à “Le cas de Samira Bobouch, expulsée parmi beaucoup d’autres”

  1. APARICIO Jean-Claude dit :

    A la L.D.H.13 nous ne pensons pas que Samira ait été arrêtée suite à un « banal »contrôle routier mais plutôt à un contrôle au faciès comme cela se pratique régulièrement dans le cadre de la chasse aux sans-papiers.

    Les policiers justifient ensuite leur action sous de multiples prétextes : ceintures de sécurité non bouclées notamment , ce qui était inexact dans le cas du véhicule dans lequel SAMIRA avait pris place.

    Le cas de SAMIRA , les souffrances qui lui sont imposées, illustre les conséquences dramatiques de la xénophobie d’Etat mise en oeuvre par MM. SARKOZY/HORTEFEUX.

    Jean-Claude APARICIO ISTRES le 30 mars 2008

  2. bouzerda dit :

    slt je sui l’un des meilleur ami de samira elle ma toujour consideré comme son propre frere depuis q’elle nous a quittez la ville de velaux est devenu sourde et aveugle elle nous manque beaucoup ici surtout a sa famille que j’aprecie beaucoup. jéspére du fon du coeur que nous la veron le plus rapidemen possible , samira elle a grandi en france elle a utudié en france et sa vie elle et en france tout simplemen. son meilleur amis jawad

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